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vendredi 10 août 2018

Tenebra Roma de Donato Carrisi: Rome dans le noir?

Titre Original: Il maestro delle ombre
Date de parution: 18/10/2017
Editeur: Calmann-Levy Noir
Nombre de pages: 304



Résumé: 


"Et si Rome se retrouvait plongée dans les ténèbres pour toujours…"

Cinq siècles auparavant, le pape Léon X lança cet avertissement : Rome ne devra jamais être plongée dans l’obscurité. Pourtant, lorsqu’aujourd’hui la foudre s’abat sur une centrale électrique au cours d’une terrible tempête, les autorités romaines sont forcées d’imposer un black-out total de vingt-quatre heures sur la ville le temps de réparer les dégâts. Dès le crépuscule, les ombres reviennent envahir Rome.
Dans le chaos et la panique qui s’ensuivent, une silhouette plus sombre que les autres va se déplacer silencieusement à travers la capitale, laissant derrière elle une traînée de morts… ainsi que des indices.
Marcus, le prêtre de l’ordre des Pénitenciers, peut reconnaître et interpréter les anomalies sur les scènes de crime. Mais le pénitencier a perdu son arme la plus précieuse : sa mémoire. Lui-même victime du tueur, il échappe de justesse à une mort atroce, sans plus aucun souvenir des derniers jours passés. Il va devoir remonter le fil de sa vie en même temps que la piste du monstre.
Seule Sandra Vega, une ancienne photographe scientifique, peut l’aider dans sa traque. Sandra connaît le secret de Marcus, mais a subi trop de pertes dans sa vie pour être en mesure de faire face à nouveau au mal. Et pourtant, elle va se retrouver entraînée malgré elle au cœur de l’enquête…
Le coucher du soleil se rapproche, et le temps est compté : au-delà des ténèbres, il n’y a que l’abîme.


Mon avis:


Le bonheur de lire un nouveau Carrisi! 
Oui, oui, c'est le livre que j'attendais le plus de toutes les sorties littéraires en 2017, et pour cause, Donato Carrisi est l'un de mes auteurs de polar préférés, toutes nationalités confondues! (voir ma vidéo Mes Auteurs de Thriller Préférés)

Et je peux dire que ce roman ne m'a aucunement déçue! Dans la veine des 2 tomes précédents des aventures de Marcus notre pénitencier préféré avec en surcroît une touche apocalyptique bien dosée!

L'idée de départ est très intrigante, Rome au merci de la nature, Rome sous la pluie, dans la tempête, Rome dans le noir, sans électricité, sans moyens de communication, sans connectivité, Rome livrée à ses démons et aux vils instincts de ses habitants. Rome sous l'emprise du Mal et des Maîtres des ombres..comme ambiance, on peut faire difficilement mieux!

Un enfant disparu il y a 9 ans, une violence qui se déchaîne dans les rues, un tueur sadique, des meurtres rituels immondes, un policier louche, un Marcus amnésique, encore une fois. Un Marcus qui se réveille ligoté et sans mémoire dans une grotte souterraine dans une scène d'introduction mémorable et qui se trouve propulsé dans une enquête infernale où se mêlent comme d'habitude histoire, religion, chimie et pas mal de secrets anciens. 

Le récit est on ne peut plus rythmé, aucun temps mort, les fausses pistes se succèdent, les indices, les doutes, les révélations, une façon propre à Carrisi de tenir le lecteur au bord de son siège complètement essoufflé!

Une course contre la montre et contre l'Apocalypse qui menace Rome où on ne peut respirer une minute. Une plongée en apnée dans les ténèbres et dans le mal. On retrouve le tribunal des âmes, on comprend la fin de Malefico, on ajoute une pièce au puzzle géant qu'a fabriqué Carrisi pour son pénitencier, on sort avec quelques réponses..et beaucoup de questions.

Pour une fois, j'ai vu venir la fin, mais ça n'enlève en rien sa violence! Encore une fois, Carrisi s'impose comme le maître des fins tordues et tonitruantes. Si vous êtes amateur des gros "twist" bien corsés, vous serez certainement servis!


Mot de la fin:


Si vous avez aimé les anciennes aventures de Marcus et Sandra, jetez-vous sur ce roman, surtout qu'il sort bientôt en poche (petit hic quand même, c'était trop court à mon goût, pour tout le temps que j'ai passé à attendre 😢). 

Rome comme vous ne l'avez jamais imaginé, une vision infernale et oh combien réaliste! Et accrochez-vous, ce livre vous causera des nuits blanches, mais aussi quelques cauchemars!




vendredi 20 octobre 2017

Entre Deux Mondes de Olivier NOREK: Insoutenable..Inoubliable!

Editeur: Michel Lafon
Date de parution: 05/10/2017
Nombre de page: 413


Ce livre m'a anéantie! m'a secouée, m'a laissée en larmes, le cœur en miettes, l'espoir et la frustration se mêlant dans ma tête. 


Résumé:


Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l'attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir. 
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu'il découvre, en revanche, c'est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n'ose mettre les pieds. 
Un assassin va profiter de cette situation. 
Dès le premier crime, Adam décide d'intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il est flic, et que face à l'espoir qui s'amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou. 
Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu'elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d'ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger. 




Mon avis:



Olivier Norek sans Victor Coste? j'étais septique! Mais maintenant que j'ai lu Entre Deux Mondes, je le félicite de tout mon cœur..car si le choix de la thématique était audacieux (voire osé), Norek s'est surpassé, il ne s'agit plus d'un polar qui sent le vécu, mais d'une réelle tragédie humaine abordée avec une sensibilité et une intelligence impressionnantes! 

Ce livre est poignant, cruel, violent, limite insoutenable, mais ça déborde d'humanité!

L'humain dans ce qu'il peut être de pire..et de meilleur! L'humain sans frontières de langues, de religions, de couleurs, de pays! 
La jungle de Calais, cet endroit "unique" qui gît entre deux mondes, qui abrite les réfugiés juste pour les empêcher d'atteindre l’Angleterre, cet "état" dans l'état, qui n'obéit justement qu'aux lois de la jungle, la loi du plus fort! Le seul endroit en France où la police ne peut pas enquêter, ni arrêter, ni intervenir! 

Entre le quotidien des migrants, rêves bafoués, familles perdues, rage au ventre, droits absents...et celui des flics de Calais, désillusion, dangers, remords, frustration...le bien et le mal n'ont pas lieu d'être!

Ce livre est un précieux témoignage sans jugement, sans parti-pris, sans condamnation explicite, écrit avec beaucoup de cœur..et de sang..et de tripes! et si j'ai pleuré à plus d'une reprise ce n'était pas que de la tristesse, c'était de la compassion, de l'émotion, et de l'amour pour ces personnages qui nous font presque oublier les horreurs de la jungle!

Oui, Olivier Norek s'est surpassé, il n'est décidément plus "le flic qui écrit des histoires de flics", il est l'écrivain assumé dont le talent n'est plus à confirmer. Le style d'écriture est plus que jamais soigné, mais toujours sans fioritures..avec ce supplément d'âme, d'humain, qui vous touche et vous hante et vous bouleverse! 
Lisez ce roman, vous en sortirez ébranlé, secoué, mais plus humain!


Et je vous avoue que, vu l'évolution de Norek d'un roman à l'autre, j'ai presque peur de lire son prochain!!




Extraits:


"Ce n'est pas le premier. La violence est partout puisque la pauvreté est immense. Tu ne peux pas mettre ensemble dix mille hommes, quasiment enfermés, tributaires de la générosité des Calaisiens et des humanitaires, sans autre espoir qu'une traversée illégale, et croire que tout va bien se passer. Des morts, il y en a toutes les semaines. Les No Border les traînent aux limites de la Jungle, devant les CRS, mais parfois ils sont simplement enterrés entre les dunes et la forêt. Si un jour ils rasent la Jungle, il ne faudra pas creuser trop profond."





lundi 8 mai 2017

Du Feu de l'Enfer de Sire Cédric: Un thriller justement..infernal!




Plus redoutable qu'un thriller fantastique..un thriller diabolique!

En tant que amatrice de thriller, j'ai toujours eu honte du fait que je n'ai jamais essayé du Sire Cédric; maintenant que c'est chose faite, je peux vous dire pourquoi: le fameux côté fantastique de ses romans me rebutait, et c'est donc avec un énorme plaisir que j'ai appris que celui-ci est du thriller pur et dur. J'ai pas hésité longtemps à m'y plonger, et comment vous dire...Je m'en félicite!



Résumé:


Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et sœur. Un jour, l'une des combines d'Ariel tourne mal et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s'accumulent autour d'eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s'intéresse à leur cas. Commence alors une traque qui brouillera les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l'épreuve les liens du sang. 

Sire Cedric revient en chef d'orchestre du suspense et des frissons, avec un nouveau concerto qui fait la part belle au souffle du vent dans la nuit noire et aux gémissements des corps tortués. Subtil et maîtrisé, ce conte d'horreur moderne allie à la justese d'une réflexion sur les relations familiales les retournements de situation les plus ébouriffants.




Mon avis:


Jamais un livre n'a aussi bien porté son titre! 
Préparez-vous à traverser le Styx et affronter Cerbère ainsi que tous vos démons, ce roman est un vrai voyage en enfer!

On est plongé dans l'horreur dès les premières pages; l'intrigue ne met pas longtemps à s'installer, le premier chapitre annonce le ton, et je peux vous dire que c'est généralement un bon signe!
Ici on est très bien servi!

Les personnages principaux: Manon, une jeune thanatopractrice (oui, oui, elle embaume les cadavres et elle aime ça!) sans histoires, un peu effacée néanmoins (ça va vite changer, vous inquiétez pas) et qui se trouve emmêlée dans une histoire abracadabrante à cause de son frère, Ariel, vingt-six ans, délinquant et bon-à-rien à part se mettre dans le pétrin! Cette fois, il s'agit pas d'une dispute ou d'un braquage qui a mal tourné, il s'est simplement attiré tout le feu de l'enfer!

On est tout de suite pris d'empathie avec cette sœur qui essaie tant bien que mal d'aider son frère et se trouve affrontée à des meurtriers à peine humains qui se font -et pour cause- appeler par des noms de divinités anciennes, et pas n'importe lesquelles! 


Course poursuite, ambiance gothique, rites sataniques, scènes sanglantes, meurtres atroces, personnages originaux et réalistes, corruption politique et policière, rebondissements inattendus...tout y est!

Les légions de Hadès sont partout, nos protagonistes deviennent non seulement pourchassés par ces tueurs démoniaques mais aussi par la police. 
Cette double fuite rendra le récit encore plus haletant! On ne sent pas défiler les 500 pages, impossible de lâcher ce livre une fois entamé! Vous en oublierez vos déjeuners, vos rendez-vous et même vos cigarettes!

Un rythme infernal qui évolue en crescendo du premier au dernier chapitre, une plume efficace et incisive, un récit très aéré avec peu de descriptions et beaucoup de dialogues, pas de longueurs surfaites ni de lacunes! 

Un des meilleurs thrillers que j'ai lus en 2017! A recommander à tous ceux qui ont l'estomac bien accroché!!

Mon premier Sire Cédric, oui, mais certainement pas mon dernier!



Extrait:


" Tu ne vas pas me dire que tu crois au diable?
Elle y réfléchit sérieusement l’espace de quelques instants.
- Pas au diable en tant que divinité, finit-elle par déclarer. Mais je crois que certains humains peuvent être le diable, oui."




mardi 21 mars 2017

SNJÓR de Ragnar Jonasson: Un huis-clos Islandais glaçant!



Attachez vos ceintures! Préparez vos gants et vos bonnets, je vous emmène au nord de l'Islande avec le digne successeur de Indridason! 



Quatrième de couverture:

Snjór. La neige, en islandais. 
Celle qui tombe sans discontinuer sur la ville la plus au nord de l’Islande, Siglufjördur. Un village de pêcheurs auquel on ne peut accéder que par un tunnel étroit, creusé à même la montagne. Ari Thór, qui vient de terminer l’école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Sa fiancée refuse de le suivre dans ce trou paumé. 
Siglufjördur, la ville où il ne se passe rien, où personne ne ferme jamais sa porte à clef. Mais voilà : une jeune femme est retrouvée morte, à moitié nue dans la neige ; un vieil écrivain renommé fait une chute mortelle dans le théâtre local... Ari Thor se retrouve plongé au cœur d'une petite communauté où chacun tient l’autre par ses mensonges et ses secrets. Une avalanche et des tempêtes de neiges incessantes ferment temporairement l’accès du tunnel. La nuit polaire ne réserve plus une seule minute de jour… Un effroyable sentiment de claustrophobie submerge peu à peu Ari, que viennent également tourmenter des résurgences de son passé. L’étau se resserre autour du policier, aveuglé par la neige et les faux-semblants, sombrant dans sa propre noirceur.



Mon avis:

Snjór est le premier opus de la tétralogie Dark Iceland de la nouvelle star montante du polar Islandais Ragnar Jonasson rendu accessible aux lecteurs francophones grâce aux éditions de La Martinière Noir.

Le livre se lit comme un whodunnit à l'ancienne avec une mise en place particulière. 

Il raconte l'histoire d'Ari Thor, un policier nouvellement diplômé, qui accepte un poste de travail dans la petite communauté nordique de Siglufjörður, laissant derrière lui non seulement la ville, mais aussi sa petite amie, et s'immergeant dans un climat claustrophobe et littéralement glaçant...


L'emplacement de Siglufjörður (carré rouge) sur la carte de l'Islande

Siglufjörður est une petite ville de pêche avec des familles qui habitent là depuis des générations donc naturellement où tout le monde sait tout de tout le monde. Dès son arrivé, Ari est étiqueté "outsider", rejoignant ce qui est une très petite présence policière dans la ville.

"Depuis son arrivée, il avait éprouvé par tous les pores de sa peau l'impression d'être un nouveau venu dans un lieu étrange. Personne ne l'approchait, et pourtant, tout le monde savait qui il était – tout le monde savait qui était tout le monde dans cette ville repliée sur elle même. Au club de sport ou à la piscine, personne ne venait lui parler. Il croisait souvent des regards interrogateurs, qui jaugeaient cette nouvelle recrue de la police locale."

Le corps d'une femme se trouve dans la neige. Un halo de sang rouge se glissant dans la blancheur froide, elle a l'air d'avoir été soigneusement placée là. Un auteur âgé et très célèbre a également trouvé la mort dans un théâtre de la société dramatique locale. 

Ces événements sont-ils liés? 

Ce qui suit est un récit assez lent avec des indices qui font peu à peu surface à mesure que l'histoire se déroule. Presque tous les personnages présents se voient donner un background ce qui confère à l'histoire une profondeur réaliste ; et la ville elle-même prend tellement le devant de la scène que nous recevons une vraie sensation du froid, de l'éloignement et de la beauté pure de Siglufjörður. 

Il était très intéressant d'apprendre qu'en dehors de sa carrière d'avocat, Ragnar Jonasson avait déjà traduit un tas de romans d'Agatha Christie en islandais. L'influence de Christie est palpable autant sur le scénario que sur le style d'écriture, et ce n'est pas exagéré de dire que l'apprenti rend un bel hommage au maître avec ce roman très réussi.

En utilisant les frontières claustrophobes de cette petite communauté à Siglufjörður, et son relative inaccessibilité en raison de l'emplacement et des intempéries, Jonasson crée habilement un véritable huis-clos, avec un nombre limité de suspects (encore du Agatha Christie) nous défiant d'essayer d'identifier le ou les Coupable(s) nous-mêmes! Et par le biais d'une série de "tours" dans le récit, tout n'est pas tel qu'il apparaît, confondant non seulement Ari Thor, mais aussi l'humble lecteur le long du chemin. 
Un whodunnit qui frappe fort, tout en cachant habilement le comment et le pourquoi jusqu'aux dernières pages!

L'auteur étant familier avec le cadre isolé de ce livre (les parents de Jonasson viennent de Siglufjörður), l'atmosphère sombre et froide due à l'hiver rigoureux est fortement travaillée. 

"Il ne trouverait pas la sérénité en se promenant dans les rues, les yeux tournés vers le ciel, l’esprit empli de neige. Chaque flocon lui donnerait l’impression d’être enfoui dessous, bloqué dans cet étrange lieu. Prisonnier."

J'étais d'ailleurs si intriguée par l'endroit que je me suis retrouvée à chercher des photos de la ville sur internet pour pouvoir visualiser les montagnes et les lacs. Étourdissant!!!

Siglufjörður l'hiver

Siglufjörður le printemps


Le livre est lent par moments, mais étant une adepte du polar nordique j'ai beaucoup aimé ce rythme langoureux d'autant plus que la dernière partie du livre est très rapide et très chargée de révélations! 

D'une certaine façon on retrouve avec plaisir la familiarité bien aimée d'une bon vieux policier "classique" quoi que original dans le fond, une familiarité éclipsée par toute la psychologie sombre des thrillers contemporains de ces dernières années!

Bref, vous l'avez deviné, j'ai beaucoup apprécié Snjór, et j'ai également développé un faible pour Ari Thor dont je suivrai certainement les péripéties dans Mörk (le deuxième opus) fraîchement paru chez les éditions de La Martinière Noir.

A recommander à tous les adeptes de polar nordique, de Agatha Christie ou de la bonne littérature à suspens sans prise de tête!






dimanche 22 janvier 2017

ENTRAVES de Alexandra Coin: Vous ne serez plus jamais les mêmes!!




BIG FAT FIVE STARS!!!!!! 🌟🌟🌟🌟🌟

Mon premier 5 étoiles sur Goodreads (et Babelio) depuis des mois! En fait dans mon code de "rating" je ne donne un cinq étoiles que pour les livres "life-changing", qui ont donc changé ma vie ou ma vision de la vie. C'était le cas avec ce petit bijou.

Même après des jours de l'avoir fini je ne saurais écrire une chronique digne de ce nom, je suis toujours sous le coup des émotions. 

Osé, anticonformiste, poignant et super intelligent!


Quatrième de couverture:

Enfant, Ilario fut chahuté par ses camarades de classe et aura souffert de la rudesse de son père. Adulte, il reproduira ce même schéma de domination poussant sa femme, Emma, jusqu'à l'internement en psychiatrie. 
Alternant flash-backs et scènes d'hôpital, "Entraves" décrypte un cheminement lourd de conséquences, pointant du doigt faiblesse et machiavélisme. Un roman sur la perversion narcissique, sombre, criant de vérité et diaboliquement rythmé.



Mon avis:

Ce roman psychologique (j'ai envie de dire psychiatrique) traite des pervers narcissiques (PN): ces hommes en apparence anodins voire charmants qui nous démolissent petit à petit, nous abîment de l'intérieur, nous consomment, nous consument et aspirent toute notre substance vitale.

L'auteur nous parle à travers le couple de Illario et Emma autant du PN (son enfance, son passé, ses expérience, comment il a évolué) que de sa victime (comment se trouve-t-on dans cette toile, ce qu'on devient). Elle nous révèle l'arme la plus puissante d'un PN: la culpabilisation car oui, les PN sont des maître dans l'art de la manipulation! et le moyen (l'unique) de s'en libérer. Une tension psychologique palpable accompagnera toute votre lecture, vous vivrez la détresse de Emma, vous serez tour à tour angoissé, choquée, bouleversée, émue, furieuse, exaspérée puis libérée..et ça n'a absolument pas de prix!    

Ce roman était un coup de cœur, un coup de poing, une libération, une réponse, un espoir et une superbe lecture.
Je salue l'énorme travail de recherche, la grande intelligence avec laquelle l'auteur a abordé ce sujet et a amené son histoire, ainsi que la beauté de l'écriture. Oui, ce roman est beau, malgré la noirceur du sujet, il y a des passages presque poétiques et un merveilleux message d'espoir.

Si vous êtes comme moi des amateurs de thrillers, des meurtres et des scènes sanglantes d'une violence inouïe ponctuent le récit (on ne comprendra leur significations qu'à la toute fin). Si vous êtes -encore comme moi- des frappadingues de twists et de retournements de situation vous serez aussi comblés, parce que par dessus tout, ce livre nous cache de beaux rebondissements inattendus! Alors..que vouloir de plus!

Bref, n'attendez plus, lisez ce livre. S'il est dans votre PAL sortez-le tout de suite, s'il l'est pas trouvez-le! Vous ne le regretterez pas, parole d'une liseuse en série!


Merci aux éditions Aconitum et à Alexandra, je suis déjà impatiente pour le prochain.



Mon avis en vidéo: