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mardi 23 février 2021

Émissaires des Morts de Adam-Troy Castro : du Space Opera au thriller politique

Titre Original: Emissaries from the Dead
Editeur : Albin Michel Imaginaire
Date de parution: 06/01/2021
Nombre de pages: 720


 

Résumé :

Quand elle avait huit ans, Andrea Cort a été témoin d’un génocide. Pis, après avoir vu ses parents massacrés, elle a rendu coup pour coup. En punition de ses crimes, elle est devenue la propriété perpétuelle du Corps diplomatique. Où, les années passant, elle a embrassé la carrière d’avocate, puis d’enquêtrice pour le bureau du procureur. Envoyée dans un habitat artificiel aussi inhospitalier qu’isolé, où deux meurtres viennent d’être commis, la jeune femme doit résoudre l’affaire sans créer d’incident diplomatique avec les intelligences artificielles propriétaires des lieux. 

Pour ses supérieurs, peu importe quel coupable sera désigné. Mais les leçons qu’Andrea a apprises enfant ont forgé l’adulte qu’elle est devenue : une femme pour le moins inflexible, qui ne vit que pour une chose, « combattre les monstres ».


Mon Avis :

Émissaires des Morts coche plusieurs cases pour moi. D'abord, bien sûr, il y a une enquête sur un meurtre, ensuite, la présence de l'intelligence artificielle, une de mes thématiques et genre de personnages préférés. Tertio, la protagoniste est une agent de gouvernement bénéficiant de l'immunité diplomatique (sauf dans cette enquête). Un personnage brisé, mais pas trop. Le cocktail qui en résulte est en effet un mélange capiteux. Je suis complètement sous le charme, et j'étais très contente du choix de l'éditeur de nous offrir avec le roman des nouvelles avec d'autres aventures de Andrea Cort.

Quelque part dans un espace interstellaire éloigné, les IAs-Sources, des intelligences artificielles omniscientes et omnipotentes ont construit un habitat immense appelé Un Un Un, qu'elles ont comblé d'un écosystème presque inhabitable et d'espèces animales "nouvelles". 

Parmi ces espèces, les Brachiens sont particulièrement intéressants, une race sentiente et très lente, dotée de parole, habitant la partie la plus élevée de l'habitat, parmi les sous-bois, dans un enchevêtrement de vignes noueuses appelé "frondaisons" accrochées à l'axe de la station intérieure, vivant accrochés, entre un ciel infini et le néant. 

Récemment, les IAs-Sources ont révélé l'existence de cette race et ont permis à une petite délégation d'humains de venir à Un Un Un pour les étudier. Les choses étaient calmes... jusqu'à maintenant. Maintenant, il y a eu un meurtre parmi les humains, et tout indique un meurtrier pas commode.

Andrea Cort, l'assistante du procureur au sein du corps diplomatique, une femme aussi intelligente qu'antisociale, a été envoyée à Un Un Un pour enquêter sur le meurtre (devenu entre-temps série de meurtres) avec une consigne bien précise: trouver un bouc émissaire, et exonérer le suspect principel, mais Andrea Cort est certainement déterminée à trouver le vrai coupable.

Émissaires des Morts est une histoire étrangement fascinante mêlant un décor de science-fiction à un suspense psychologique, enveloppé autour d'une enquête policière et qui aboutit au final à un thriller politique. Des thèmes comme la différence, le racisme, le patriotisme, le capitalisme sauvage et le besoin de conquérir sont très présents, et les complots politiques sont au coeur du récit.

Mais, avant tout cela, ce roman est l'histoire d'une femme misanthrope brisée dans l'enfance, qui porte ses monstres en elle et qui cherche plus la mort que la vie.

Andrea Cort est un personnage fort sympathique et étrange, qui se trouve dans une situation encore plus étrange, et qui perd un peu ses moyens face aux surprises qui jonchent Un Un Un et face aux forces manipulatrices des IAs-Sources. Le rapport de forces est sans appel, mais ça ne l'empêche pas d'essayer, voire, dans une certaine mesure, de s'imposer.

Dans l'ensemble, il s'agit d'une histoire très cérébrale et très touchante. Alors que nous nous plongons dans le passé traumatisant qui a forgé Andrea Cort et que nous suivons ses tentatives pour découvrir la vérité, on apprend à la connaître, et on ne peut lui résister. Ce mélange de farouche et fragile est juste désarmant. Il y a beaucoup de discussions, beaucoup d'indices lâchés et trouvés en cours de route, aboutissant à un moment intense de vérité. Pas de vrai rebondissement de malade, mais une série de petites révélations intéressantes et un rythme solide qui va en crescendo, littéralement addictif.


Le mot de la fin :

Adam-Troy Castro a créé une histoire fascinante, avec un premier roman fort et mémorable, et une héroïne qui ne laisse pas indifférent. J'ai hâte de lire la suite, dans cet univers, et de suivre la tenace Andrea Cort et ses nouveaux compagnons.

dimanche 23 août 2020

Les Meurtres de Molly Southbourne de Tade Thompson : Molly ou molly, c'est la Question!


Titre Original : The Murders of Molly Southbourne
Date de parution : 18 Avril 2019
Éditeur: Le Bélial
Nombre de pages : 113





Quatrième de Couverture : 

Molly est frappée par la pire des malédictions. Aussi les règles sont-elles simples, et ses parents les lui assènent depuis son plus jeune âge: 
 "Si tu vois une fille qui te ressemble, cours et bas-toi. 
 Ne saigne pas. 
 Si tu saignes, une compresse, le feu, du détergent. 
 Si tu trouves un trou, va chercher tes parents." 

Molly se les récite souvent. Quand elle s'ennuie, elle se surprend à les répéter sans l'avoir voulu... Et si elle ignore d'où lui vient cette terrible affliction, elle n'en connaît en revanche que trop le prix. Celui du sang. 


Mon avis : 


J'avoue que j'étais d'abord très attirée par la couverture! Après, le contenu a heureusement répondu à toutes mes attentes. 

Je ne vais pas vous parler de l'intrigue, le récit est court et on tomberait facilement dans le spoil. 

Les Meurtres de Molly Southbourne est principalement racontée du point de vue de Molly à la troisième personne, mais est encadrée au début et à la fin par deux chapitres racontés à la première personne du point de vue d'un personnage sans nom enchaîné dans un sous-sol. Ce que nous ne savons pas, c’est pourquoi, ni à quoi mènera cette ouverture.. 
Cela conduit Molly à raconter son histoire, une histoire marquée de sang, de meurtres, de meurtres qui ressemblent à des suicides, et de fatalités…. 

Les Meurtres de Molly Southbourne est une nouvella extrêmement vive, écrite d'une manière très "visuelle". 
C'est une histoire de traumatismes, d'absence de choix, d'être un danger pour soi-même.. Mais c'est avant tout une histoire de survie. Ou comment essayer de contrôler quelque chose à la fois intime et inexplicable. 

Pendant que je lisais, j'étais à un moment frappée par un doute : cette histoire pourrait être une parabole de la maladie mentale. Le danger pour vous vous ressemble exactement. Cela vient de l'intérieur de vous. Cela peut détruire vos relations. Vous avez du mal à le contrôler. C'est à la fois incompréhensible et inéluctable. Je ne prétends pas saisir la symbolique exacte, et je n'ai pas trop cherché au-delà du plaisir de la lecture. 

Ce récit est poignant, original, convaincant. La novella fait une centaine de pages et se lit très rapidement. Faites-moi confiance, remerciez-moi plus tard. 


Mot de la fin : 


Un RÉGAL ! Je suis entièrement conquise! Un grand merci aux édition Le Bélial, le livre est un petit bijou. 



mardi 19 février 2019

Little Heaven de Nick Cutter - Serial Reader

Titre: Little Heaven
Auteur: Nick Cutter
Denoël Sueurs Froides
Date de parution: 01/10/2018
Nombre de pages: 592

Le passé est un molosse qui vous poursuit à travers champs et collines, tenaillé par une faim dévorante, vous pistant jusqu’à ce que, une nuit, vous l’entendiez gratter à la porte. Le mal ne meurt jamais ; il sommeille. Parlez-en à Minerva, à Micah et à Ebenezer, chasseurs de primes, mercenaires dans l’âme mais aux dons inégaux. La première fois qu’ils font équipe, en 1966, c’est pour retrouver un enfant qui a été enlevé par une secte obscure œuvrant au Nouveau-Mexique, dans un endroit nommé Little Heaven. C’est là que le révérend Amos, qui reçoit ses ordres de Dieu directement, rassemble ses fidèles pour un culte des plus sombres. Quinze ans plus tard, la fille de Micah est enlevée, et le trio devra s’armer pour le débarquement de l’Enfer à Little Heaven. Avec un plaisir manifeste et sa perversité habituelle, Nick Cutter (Troupe 52) démontre dans ce western sanglant et nerveux qu’il a su dompter les codes du roman d’épouvante.



Mon avis: 


Ellen Bellhaven a engagé un trio de mercenaires hauts en couleurs pour s'enquérir de son neveu, qui a été emmené par son père pour rejoindre un campement reculé de fanatiques religieux au Nouveau-Mexique appelé Little Heaven. Ellen rejoint les mercenaires, Micah, Minerva et Eb, alors qu'ils s'aventurent dans leur mission. Cependant, à l'approche du règlement, les choses commencent à tourner un peu (beaucoup) au vinaigre. Little Heaven s'avère une colonie malsaine et émaciée, avec des enfants bizarres, un gourou égocentrique et complètement fou et un mal inexorable, absolu, qui rôde autour.

Ce que je dois d'abord dire:

Primo, Nick Cutter est très bon en développement de personnage, presque roi, pourrait-on dire.
Ensuite, il est très habile à présenter l'horreur et le gore sans que cela devienne gratuit.

Combinez ces deux compétences et vous obtenez un livre d'horreur incroyablement bon dans lequel les personnages sont d'une force inouïe. Le parfait page-turner. Si vous n'êtes pas un fan d'horreur ou si vous êtes particulièrement peureux, alors désolée, Little Heaven pourrait ne pas être le livre pour vous. Mais si vous êtes comme moi... jetez-vous dessus!

Comme beaucoup de lecteurs, j'ai trouvé un petit air du Ça dans ce roman, je l'entends dans le bon sens, juste une petite nostalgie, sans lien direct et sans sensation de déjà-vu. 
Bien sûr, il y a des forces surnaturelles au travail et un repaire dans lequel réside le monstre, mais je n'avais pas l'impression que les similitudes étaient accablantes. Nick Cutter est évidemment influencé par King, mais quel auteur d'horreur ne l'est pas? 
J'ai senti que l'auteur était aussi influencé par Lovecraft (pour mon plus grand plaisir) - un autre maître de l’horreur - par la forme des monstres qu’il a créés. Les illustrations tout au long de ce livre étaient un moyen très agréable de visualiser à quel point ces créatures étaient déstructurées (et immondes). Effrayantes même!! Il y a aussi pas mal de trucs qui rampent, les pires! Préparez-vous à sentir vos poils se hérisser pendant votre lecture!

J'ai beaucoup aimé TOUS les personnages principaux de ce livre. Le sens de l'humour de Eb, l'attitude de Minerva et l'humanité de Micah, avec une légère préférence pour Eb, j'ai un faible pour les anglais de couleur tueurs à gage sans scrupules (et pourtant) :D
Je me sentais en complète empathie avec les trois protagonistes, même s'ils étaient des chasseurs de primes et des meurtriers. 

Little Heaven est dirigé par l'un des personnages les plus vils - Amos Flesher - qu'on peux imaginer! Penser à lui me tourne le ventre, c'est dire à quel point il était excellent! 
Le culte religieux au milieu de nulle part, une ambiance glauque à la Jonestown (l'auteur avoue s'en être inspiré), et le mal qui guette sans relâche... Génial, je vous dis!
La combinaison de l'aspect culte religieux avec les forces surnaturelles à l'œuvre a créé un récit convaincant et complètement envoûtant.

Une petite remarque pour l'excellent boulot du traducteur Eric Fontaine, je m'arrête rarement sur les détails éditoriaux surtout dans le genre thriller / horreur où généralement c'est la qualité de l'intrigue qui prend le dessus..mais je dois souligner que la traduction est sublime! Ce roman est beau..et j'ai même osé penser que la version originale ne peut pas être mieux! Chapeau Denoël!

Mot de la fin: 


Je pourrais continuer encore et encore à dire pourquoi j'ai apprécié ce livre, mais je veux limiter ce que je révèle aux lecteurs potentiels. Je conclurais en disant que Nick Cutter m'a vraiment impressionnée! Go get it people!! 


Extraits:

"Ebenezer n'arrivait pas à mettre le doigt sur ce qui le dérangeait le plus à Little Heaven, à part cette évidence toute simple : c'était une triste enclave dirigée par un fou de Jésus bas du cul qui arborait une coiffure d'Elvis au rabais. Son malaise tenait plus aux petits détails, à la manière dont la lumière du soleil semblait plus mesquine au-dessus du camp, dépourvue de sa chaleur et de sa vitalité, ou à la démarche des habitants, tous voûtés comme des arbres qui luttent pour leur survie dans une plaine montagneuse balayée par le vent."

"Minerva songea qu'il était grand temps qu'elle se pende de nouveau.
Elle ne se souvenait ni du lieu ni du moment de sa dernière tentative ; elles finissaient par se ressembler au bout d'un moment. Du reste, pourquoi pas ? Elle n'avait rien d'autre de prévu cet après-midi-là.
Une autre ville, une autre chambre de motel miteuse. 

[...]
Minerva avait tendance à broyer du noir avant une tentative de suicide. Il était difficile de voir la vie en rose."




vendredi 10 août 2018

Tenebra Roma de Donato Carrisi: Rome dans le noir?

Titre Original: Il maestro delle ombre
Date de parution: 18/10/2017
Editeur: Calmann-Levy Noir
Nombre de pages: 304



Résumé: 


"Et si Rome se retrouvait plongée dans les ténèbres pour toujours…"

Cinq siècles auparavant, le pape Léon X lança cet avertissement : Rome ne devra jamais être plongée dans l’obscurité. Pourtant, lorsqu’aujourd’hui la foudre s’abat sur une centrale électrique au cours d’une terrible tempête, les autorités romaines sont forcées d’imposer un black-out total de vingt-quatre heures sur la ville le temps de réparer les dégâts. Dès le crépuscule, les ombres reviennent envahir Rome.
Dans le chaos et la panique qui s’ensuivent, une silhouette plus sombre que les autres va se déplacer silencieusement à travers la capitale, laissant derrière elle une traînée de morts… ainsi que des indices.
Marcus, le prêtre de l’ordre des Pénitenciers, peut reconnaître et interpréter les anomalies sur les scènes de crime. Mais le pénitencier a perdu son arme la plus précieuse : sa mémoire. Lui-même victime du tueur, il échappe de justesse à une mort atroce, sans plus aucun souvenir des derniers jours passés. Il va devoir remonter le fil de sa vie en même temps que la piste du monstre.
Seule Sandra Vega, une ancienne photographe scientifique, peut l’aider dans sa traque. Sandra connaît le secret de Marcus, mais a subi trop de pertes dans sa vie pour être en mesure de faire face à nouveau au mal. Et pourtant, elle va se retrouver entraînée malgré elle au cœur de l’enquête…
Le coucher du soleil se rapproche, et le temps est compté : au-delà des ténèbres, il n’y a que l’abîme.


Mon avis:


Le bonheur de lire un nouveau Carrisi! 
Oui, oui, c'est le livre que j'attendais le plus de toutes les sorties littéraires en 2017, et pour cause, Donato Carrisi est l'un de mes auteurs de polar préférés, toutes nationalités confondues! (voir ma vidéo Mes Auteurs de Thriller Préférés)

Et je peux dire que ce roman ne m'a aucunement déçue! Dans la veine des 2 tomes précédents des aventures de Marcus notre pénitencier préféré avec en surcroît une touche apocalyptique bien dosée!

L'idée de départ est très intrigante, Rome au merci de la nature, Rome sous la pluie, dans la tempête, Rome dans le noir, sans électricité, sans moyens de communication, sans connectivité, Rome livrée à ses démons et aux vils instincts de ses habitants. Rome sous l'emprise du Mal et des Maîtres des ombres..comme ambiance, on peut faire difficilement mieux!

Un enfant disparu il y a 9 ans, une violence qui se déchaîne dans les rues, un tueur sadique, des meurtres rituels immondes, un policier louche, un Marcus amnésique, encore une fois. Un Marcus qui se réveille ligoté et sans mémoire dans une grotte souterraine dans une scène d'introduction mémorable et qui se trouve propulsé dans une enquête infernale où se mêlent comme d'habitude histoire, religion, chimie et pas mal de secrets anciens. 

Le récit est on ne peut plus rythmé, aucun temps mort, les fausses pistes se succèdent, les indices, les doutes, les révélations, une façon propre à Carrisi de tenir le lecteur au bord de son siège complètement essoufflé!

Une course contre la montre et contre l'Apocalypse qui menace Rome où on ne peut respirer une minute. Une plongée en apnée dans les ténèbres et dans le mal. On retrouve le tribunal des âmes, on comprend la fin de Malefico, on ajoute une pièce au puzzle géant qu'a fabriqué Carrisi pour son pénitencier, on sort avec quelques réponses..et beaucoup de questions.

Pour une fois, j'ai vu venir la fin, mais ça n'enlève en rien sa violence! Encore une fois, Carrisi s'impose comme le maître des fins tordues et tonitruantes. Si vous êtes amateur des gros "twist" bien corsés, vous serez certainement servis!


Mot de la fin:


Si vous avez aimé les anciennes aventures de Marcus et Sandra, jetez-vous sur ce roman, surtout qu'il sort bientôt en poche (petit hic quand même, c'était trop court à mon goût, pour tout le temps que j'ai passé à attendre 😢). 

Rome comme vous ne l'avez jamais imaginé, une vision infernale et oh combien réaliste! Et accrochez-vous, ce livre vous causera des nuits blanches, mais aussi quelques cauchemars!




mercredi 14 juin 2017

L'Homme-Feu de JOE HILL: un roman Brûlant!

Titre original: The Fireman
Maison d'édition: JC Lattès
Parution: 07/06/2017
700 pages
      

J'ai lu ce roman à sa sortie en VO (the Fireman) et c'est avec un plaisir renouvelé que j'ai relu la version française fournie par JC Lattès. Le fils de Stephen King frappe fort cette fois!


Quatrième de couverture:



Personne ne sait exactement quand et où cela a commencé.
Sur le corps des hommes et des femmes de magnifiques tatouages apparaissent et brûlent plus ou moins violemment les individus qui les portent… Boston, Détroit, Seattle… sont frappés. Il n’existe pas d’antidote.
Harper est une infirmière merveilleusement bienveillante. Le même jour, elle découvre qu’elle est enceinte et qu’elle est touchée par le virus. Paniqué son mari fuit.
Et dans ce monde en ruines où des micros sociétés se créent et des milices d’exterminations traquent les malades, Harper va rencontrer l’Homme-feu capable de contrôler le feu intérieur qui consume les humains. Ensemble, ils vont tenter de sauver une société terrorisée où chacun est prêt au pire pour tenter de survivre.
Une fresque aussi profonde que fascinante sur l’homme face à ses peurs vertigineuses et à sa puissance de vie.




Mon avis:


      La fin du monde est une des thématiques les plus récurrentes dans la littérature de genre, il y en a pour tous les goûts, un astéroïde géant, une invasion extraterrestre, un virus, les zombies (effet walking dead)...
Le divertissement étant dans le passage du pré-désastre d'ici aux horreurs de là-bas. Mais beaucoup de ces histoires portent un message "clandestin". Les contes de fin du monde n'existent pas seulement pour titiller et faire peur, mais pour porter un noyau de perspective avec le fun. 
L'effondrement de la civilisation est un des mécanismes préférés pour les écrivains qui veulent jeter la lumière sur les tréfonds de la nature humaine

Joe Hill est sorti des sentiers battus et a choisi un moyen ingénieux pour apporter sa vision apocalyptique. Draco incendia trychophyton est une spore aux propriétés inhabituelles. Des hiéroglyphes en noir parsemé de doré apparaissent sur la peau des personnes contaminés, qui ne tardent pas à s'embraser aléatoirement et spontanément sans aucun moyen de contrôler le feu. Cette affliction est appelée "écaille de dragon" et personne ne sait comment elle se transmet ni comment s'en protéger.

Harper Grayson, une infirmière scolaire, est une jeune femme simple et sans histoires. Elle est dévouée, gentille et ferme avec ses patients, son idole est Mary Poppins, elle mène une vie normale avec son époux Jakob jusqu'à l'avènement de la pandémie. Harper, motivée par son grand cœur et son envie d'aider se porte volontaire pour s'occuper des patients mis en quarantaine dans l’hôpital du coin (après la fermeture inévitable de l'école), où elle vit l'horreur au quotidien, le feu n'épargne personne et se fout des précautions médicales.

Harper et Jakob s'étaient promis de se tuer à l'apparition des premiers signes de la maladie plutôt que de se laisser brûler vifs. Mais quand elle a découvert sa grossesse, l'apparition des signes noirs et dorés sur sa peau devient un défi pas une peine de mort. Elle a vu des mères malades donner naissance à des bébés sains et elle espérait en faire partie. Malheureusement son mari avait d'autres plans et la pauvre se trouve traquée sans merci au plein milieu de l'horreur!

L'homme-feu du titre est John Rookwood. Sa première rencontre avec Harper était quand l’hôpital où elle travaillait s'est effondré. Il l'a sauvée de son mari et l'a emmenée vers un camps de survivants, où elle va découvrir que le l'écaille de dragon peut ne pas être une malédiction! John peut contrôler le feu des gens contaminés et maîtrise sa propre maladie! 

Ce livre peut avoir au moins deux degrés de lecture. En surface, c'est une aventure sci-fi/horreur palpitante, un page-turner excitant et effrayant. 
Harper est un personnage très attachant. Une femme enceinte fuyant des forces obscures, essayant au même temps de comprendre sa maladie et son sauveur. Une femme qui incarne la joie et la positivité dans cette ambiance glauque et désolante. Ajoutons à ça John, l'allié mystérieux et plein de pouvoirs et de secrets, des bons, des méchants, et plusieurs "entre les deux". Beaucoup d'action et une riche atmosphère, et le tour est joué.

Ceci dit, il y a plus. Ce n'est pas juste une catastrophe dans laquelle un groupe de survivants trouve un modus vivendi pratique dans l'ombre de l'horreur mondiale. 
Joe Hill ne cherche pas seulement à faire peur à ses lecteurs. Il veut offrir quelque chose de plus substantiel. L'homme-feu livre ce que la littérature "spéculative" a de meilleur: un regard dans la réalité contemporaine à travers une lentille de fantastique. 
On trouve une critique du fanatisme, du pouvoir des cultes, de l'hypocrisie des dirigeants, une guerre entre le bien et le mal avec une vision loin d'être manichéenne. Ce n'est pas sans rappeler le cultissime "Fléau" de Stephen King, en moins épique et plus brûlant.

Un roman qui vaut certainement le détour! Et si Joe Hill prépare une suite, et bien je serai preneuse!


Extraits:

"Bien souvent notre séjour sur terre est trop bref. Des gens vivent démunis, certains fuient la guerre et la famine. Une épidémie ici, une inondation là. Mais l'être humain a toujours trouvé la force de chanter. Le nouveau-né s'arrête de geindre lorsqu'il entend une mélodie agréable. Chanter, c'est donner de l'eau aux assoiffés, c'est avoir un geste tendre, c'est briller. La meilleure preuve de votre utilité en ce monde réside dans les modulations de votre voix et dans votre manière d'étinceler pour autrui. Les ignorants tombent et tomberont au cœur du brasier. [...]
L'égoïsme est un dangereux combustible. Quand vous accueillez celui qui a froid sous votre couverture, vous vous réchauffez tous les deux. Quand vous soignez le malade avec vos médicaments, sa guérison panse vos plaies. Un type beaucoup plus intelligent que moi a prétendu que l'enfer, c'était les autres. J'ajouterais pour ma part que l'enfer, c'est refuser par cupidité l'essentiel au nécessiteux. Ne perdez pas votre âme. Chérissez votre prochain ou bien vous marcherez sur les cendres, une allumette à la main."

"Les bourreaux trouvent toujours un moyen de justifier la monstruosité de leurs actes. Un petit massacre ici, une minuscule torture là. Ce qui était immoral en temps normal devenait moral en période de crise."




lundi 8 mai 2017

Du Feu de l'Enfer de Sire Cédric: Un thriller justement..infernal!




Plus redoutable qu'un thriller fantastique..un thriller diabolique!

En tant que amatrice de thriller, j'ai toujours eu honte du fait que je n'ai jamais essayé du Sire Cédric; maintenant que c'est chose faite, je peux vous dire pourquoi: le fameux côté fantastique de ses romans me rebutait, et c'est donc avec un énorme plaisir que j'ai appris que celui-ci est du thriller pur et dur. J'ai pas hésité longtemps à m'y plonger, et comment vous dire...Je m'en félicite!



Résumé:


Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et sœur. Un jour, l'une des combines d'Ariel tourne mal et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s'accumulent autour d'eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s'intéresse à leur cas. Commence alors une traque qui brouillera les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l'épreuve les liens du sang. 

Sire Cedric revient en chef d'orchestre du suspense et des frissons, avec un nouveau concerto qui fait la part belle au souffle du vent dans la nuit noire et aux gémissements des corps tortués. Subtil et maîtrisé, ce conte d'horreur moderne allie à la justese d'une réflexion sur les relations familiales les retournements de situation les plus ébouriffants.




Mon avis:


Jamais un livre n'a aussi bien porté son titre! 
Préparez-vous à traverser le Styx et affronter Cerbère ainsi que tous vos démons, ce roman est un vrai voyage en enfer!

On est plongé dans l'horreur dès les premières pages; l'intrigue ne met pas longtemps à s'installer, le premier chapitre annonce le ton, et je peux vous dire que c'est généralement un bon signe!
Ici on est très bien servi!

Les personnages principaux: Manon, une jeune thanatopractrice (oui, oui, elle embaume les cadavres et elle aime ça!) sans histoires, un peu effacée néanmoins (ça va vite changer, vous inquiétez pas) et qui se trouve emmêlée dans une histoire abracadabrante à cause de son frère, Ariel, vingt-six ans, délinquant et bon-à-rien à part se mettre dans le pétrin! Cette fois, il s'agit pas d'une dispute ou d'un braquage qui a mal tourné, il s'est simplement attiré tout le feu de l'enfer!

On est tout de suite pris d'empathie avec cette sœur qui essaie tant bien que mal d'aider son frère et se trouve affrontée à des meurtriers à peine humains qui se font -et pour cause- appeler par des noms de divinités anciennes, et pas n'importe lesquelles! 


Course poursuite, ambiance gothique, rites sataniques, scènes sanglantes, meurtres atroces, personnages originaux et réalistes, corruption politique et policière, rebondissements inattendus...tout y est!

Les légions de Hadès sont partout, nos protagonistes deviennent non seulement pourchassés par ces tueurs démoniaques mais aussi par la police. 
Cette double fuite rendra le récit encore plus haletant! On ne sent pas défiler les 500 pages, impossible de lâcher ce livre une fois entamé! Vous en oublierez vos déjeuners, vos rendez-vous et même vos cigarettes!

Un rythme infernal qui évolue en crescendo du premier au dernier chapitre, une plume efficace et incisive, un récit très aéré avec peu de descriptions et beaucoup de dialogues, pas de longueurs surfaites ni de lacunes! 

Un des meilleurs thrillers que j'ai lus en 2017! A recommander à tous ceux qui ont l'estomac bien accroché!!

Mon premier Sire Cédric, oui, mais certainement pas mon dernier!



Extrait:


" Tu ne vas pas me dire que tu crois au diable?
Elle y réfléchit sérieusement l’espace de quelques instants.
- Pas au diable en tant que divinité, finit-elle par déclarer. Mais je crois que certains humains peuvent être le diable, oui."




dimanche 16 avril 2017

Dompteur d'anges de Claire Favan: Une bombe!



Quel livre! Quelle lecture! ça fait un moment que je n'étais pas aussi envoûtée par un thriller! 


Rythme dément, plume incisive, personnages originaux et bien développés, réalisme morbide, manipulation psychologique, enfants assassins, vengeance diabolique, une fin de la mort qui tue..tout y est, absolument TOUT! 

Mesdames et messieurs, je vous présente un thriller pas comme les autres! 

Le pitch est déjà très intrigant: Max, accusé à tort d'avoir violé et tué un enfant, subit tout genre de sévices en prison pendant cinq longues années avant d'être libéré et reconnu innocent! Mais le Max innocent est transformé en un être super intelligent et obsédé par la vengeance! Il met en route un plan des plus démoniaques, enlever les enfants de ses bourreaux et les transformer en machines à tuer..sauf que, bien sûr, tout ne se passe pas comme prévu! Qui pourrait résister à un tel scénario? Pas moi!!


Avec quelle appréhension j'ai commencé ce livre (quand il s'agit d'un livre que tout le monde ou presque a aimé ça me met toujours la pression)!!!! et avec quelle enthousiasme je l'ai dévoré!!! terminé en 2 jours, ça vous dit à quel point c'est addictif.

Ce thriller est une vraie bombe! On ne se perd pas en conjectures! au bout de trente pages on sait déjà tout sur l'enfance du personnage principal, sur les circonstances de son arrestation et de son "séjour" en prison, sur son projet et l'action commence avant la trentième page! ça continue tout le long du roman, aucune longueur, pas de descriptions superflues, un suspens maintenu jusqu'à la dernière page!

Verdict: Aucune faille décelable! Je ne vais pas trop vous en dire! Juste..allez-y sans hésiter, pas de risque de déception je vous le garantis!

Claire Favan fait désormais partie des grands, un talent qui n'a plus besoin de confirmation, une maîtrise parfaite et un style redoutablement efficace. 

Je tire ma révérence à l'auteur et à la collection Bête Noire, l'année s'annonce bien, super bien même!

mercredi 8 mars 2017

Charade de Laurent Loison: Un thriller qui décoiffe..littéralement!




Oh My God la claque!!!!
Pour une fois je suis d'accord avec toutes les critiques dithyrambiques! 
Je vous explique pourquoi...


Quatrième de couverture:


Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé, le visage encore marqué par la douleur de la torture qu’elle a subie. Dans une enveloppe abandonnée sur l’atroce scène de crime, une simple phrase : « les premiers seront les derniers ». Bientôt ce sont d’autres victimes, d’autres messages… Et un mystère qui reste entier.
Pour arrêter ce jeu sordide, le 36 quai des Orfèvres a missionné le commissaire Florent Bargamont. Le brillant mais glacial enquêteur fait équipe pour la première fois avec une jeune et enthousiaste criminologue, Emmanuelle de Quézac. Malgré les rivalités qui font rage au sein du 36, le duo d’enquêteurs se lance à corps perdu à la poursuite de ce tueur en série aussi terrifiant qu’inhumain.



La dédicace en charade que m'a gentiment fait l'auteur :)


Mon avis:


Moi qui croyais avoir tout vu et tout lu en matière de thriller et de tueurs en série abjects! Le tueur à charade a dépassé tous mes cauchemars! 

La première scène est assez originale, une conférence de presse pour "fêter" l'arrestation du tueur à Charade qui a sévi pendant des semaines en perpétrant des meurtres plus atroces l'un que l'autre.  On découvre presque aussitôt que le héros célébré n'est pas le personnage principal qui a mené l'enquête. Pire encore, c'est son rival et son "ennemi" juré au sein de 36 quai des Orfèvres!! On sent tout de suite que quelque chose cloche! Le deuxième chapitre est donc un retour en arrière, on reprend tout du début.

On est mis dans le bain dès le premières pages, et on ne peut plus lâcher! Le cadre est mis immédiatement, les personnages présenté, la première scène de crime révélée dans toute son horreur et l'enquête commence!


Ça fait longtemps que j'ai pas lu un thriller avec des scènes de crime aussi immonde! Le tueur à charade a une imagination aussi tordue que fertile, et il ne lésine pas sur les moyens. Aucun meurtre ne ressemble à l'autre, ce qui est peu commun pour un serial-killer et très déroutant pour les enquêteurs. 

Seuls points communs: la mort -beaucoup trop- lente, la longue souffrance, et l'incongruité des méthodes quasi expérimentales..et bien sûr les bains de sang!

Les personnages principaux, le commissaire Florent Bargamont et la criminologue Emmanuelle de Quézac sont assez attachants, et leur développement intéressant. J'avoue avoir un gros faible pour Florent, fort fort charismatique malgré ses crises de colère, son humeur labile et sa tendance à la violence!

Le style d'écriture est très simple, il n'y a pas beaucoup de profondeur et la psychologie des personnages n'est pas très fouillée notamment dans la première partie où on reste quand même sur un schéma un peu classique. Mais loin de me déranger, j'ai trouvé la plume addictive dans sa simplicité!


Le point fort reste néanmoins le suspens haletant! Accrochez-vous, une fois la deuxième moitié du livre entamée, le rythme devient absolument dingue, pas de pause, vous restez en apnée, vous oubliez de bouger, de manger, de dormir...et mon Dieu le double twist final!!! 
L'identité du tueur n'en fait pas partie pour moi (je l'ai senti un peu avant la fin), mais la solution de la charade!!! Un truc de ouf! j'ai dû la lire plus qu'une fois pour tout mettre à sa place, et puis le motif (qui est quand même annoncé dans l'épilogue, oui vous avez bien lu, un presque-twist dans l'épilogue!!), m'est tombé sur la tête! Une vrai révélation! Une explication scientifique psychiatrique, et pas des moindres, avec une thématique à laquelle je suis particulièrement sensible! 

Je vous n'en dis pas plus, si ce n'est déjà fait!


Bref, vous l'avez compris, coup de cœur absolu! Hautement recommandé pour tout amateur de thriller/polar qui a l'estomac bien accroché! Je suis impatiente, mais carrément impatiente, pour la suite! Un premier roman qui promet, et oui, qui décoiffe!






vendredi 3 mars 2017

La Balade électrique d'Emily Archer de Jof Brigandet: Cent soixante pages de bonheur!



Attachez vos ceintures, aujourd'hui je vous emmène en Philadelphie avec un thriller hors du commun!



Quatrième de couverture:


Philadelphie, USA. Selon les critères du FBI, Sam Scott est un tueur « unlisted », aux motivations multiples et aux modes opératoires imprévisibles. Alors que professionnellement tout va de mieux en mieux et qu'il vient d'obtenir une grosse somme d'argent, un homme et sa fille, les Archer, vont imprudemment lui souffler l'appartement qu'il convoitait. Sam décide de les tuer.

Emily Archer est gravement handicapée et clouée dans un fauteuil. Sam Scott, que révulse ce genre de personne, décide alors de faire durer le plaisir avec cette proie facile et sans défense.

Habituellement méticuleux et organisé, il va cependant être imprudent et à deux doigts de se faire tuer. Scott réalise que le gibier n'est peut-être pas celui qu'il pensait et que pour la première fois, il vient de s'engager dans un combat pour sa propre vie.




Mon avis:


Sam Scott est créateur de coques pour téléphone portable, il possède son propre business et un seul ami dont il a fait fortuitement la connaissance. Sam est maniaque, ordonné, hypocondriaque et psychorigide. Il est aussi un redoutable tueur en série! 

Etiqueté "Unlisted" par  les critères du FBI, il n'a pas de profil particulier de victimes, ni de motivations réelles, ni un mode opératoire distinctif! Il tue pour débarrasser le monde de certaines personnes qu'il juge indignes de vivre, à savoir les abrutis, les mal polis, les mauvais parents, les sales... tous peuvent y passer. 

Son rêve est d'acquérir l'appartement en face du sien pour avoir l'étage à lui seul; mais il se fait souffler ce rêve par les Archer, ses nouveaux voisins d'en face, un père et sa fille Emily, tétraplégique en fauteuil roulant. Il décide donc naturellement de neutraliser ces encombrants d'autant plus qu'il méprise les handicapés! Il se lie d'amitié avec le père et élabore un plan méticuleux pour éliminer d'abord la jeune fille. Sauf que rien ne va se passer comme prévu!

Je ne vous en dit pas plus quant à l'histoire, il faut que vous preniez tous les rebondissements en plein visage pour mieux les savourer. Mais je peux vous dire pourquoi j'ai beaucoup aimé cette lecture.


D'abord, le pitch est assez original, il suffit de lire le résumé pour être tenté.

Ensuite, il y a les personnages, caractères bien trempés et qui vont à l'encontre de tous les clichés et les préjugés. 

Sam, le meurtrier atypique et sociopathe n'est pas dénué de charme, ses réflexions nous révèlent même une sensibilité cachée et certains de ses actes montrent qu'il est pas incapable de charité et même d'altruisme. 

Quant à Emily, oh! cette sacrée Emily!! D'une intelligence hors-norme et d'un tempérament inattendu, une vraie badass en fauteuil roulant! Votre regard et comportement envers les personnes handicapés -habituellement teinté de condescendance ou de pitié- va certainement changer après cette lecture! 

L'écriture est un peu déroutante au début, on se sent un peu perdu, mais on se trouve très vite happé par l'histoire racontée tantôt en troisième personne, tantôt en première personne (Sam étant le narrateur). Malgré l'atmosphère assez sombre, il y a beaucoup de douceur dans le récit, beaucoup d'intelligence, et parfois même de la poésie, et surtout beaucoup beaucoup d'humour! 


Bref, une sacrée claque! Un thriller original et une leçon de vie! 

Une plume addictive, un rythme soutenu et une fin bouleversante! Jof Brigandet et les éditions Caïman nous offre une petite pépite du genre! 
Une vraie gourmandise. Sortez des sentiers battus, lisez ce livre, vous allez savourer chaque instant, parole d'une liseuse en série! 



Extrait:


" Je n'aime pas les méchants, les cons, les grandes gueules , les sournois, les pingres , les malpolis, les types en costume cravate , les femmes en négligé et les névrosés. Toute leur vie, ils sont malheureux les névrosés, et toute leur vie, ils font chier le monde autour d'eux."







mercredi 1 mars 2017

Mascarade de Ray Celestin: Une suite brillante et un roman explosif!





Jazz, prohibition et meurtres en série : après Carnaval, comparé à L’aliéniste de Caleb Carr, le retour du nouveau maître du thriller historique.
1928. Chicago est la cité de tous les contrastes. Du ghetto noir aux riches familles blanches, en passant par la mafia italienne tenue par Al Capone, la ville vit au rythme du jazz, de la prohibition et surtout du crime, que la police a du mal à endiguer. C’est dans ce contexte trouble qu’une femme appartenant à l’une des plus riches dynasties de la ville fait appel à l’agence Pinkerton. Sa fille et le fiancé de celle-ci ont mystérieusement disparu la veille de leur mariage. Les détectives Michael Talbot et Ida Davies, aidés par un jeune jazzman, Louis Armstrong, vont se charger des investigations.
Au même moment, le corps d’un homme blanc est retrouvé dans une ruelle du quartier noir. Le meurtre en rappelle un autre à Jacob Russo, photographe de scènes de crime, qui décide de mener son enquête.
Quel est le lien entre ces deux affaires ? Y a-t-il un rapport avec le crime organisé ? Car la vieille école d’Al Capone et de la contrebande d’alcool est menacée par de jeunes loups aux dents longues qui, tels Lucky Luciano ou Meyer Lansky, n’hésitent pas à se lancer dans le trafic de drogue.
Jazz, mafia, tensions raciales et meurtres inexpliqués, après Carnaval, nous retrouvons dans ce thriller passionnant, inspiré de faits réels, le cocktail explosif qui fait la signature de Ray Celestin.


Mon avis:


Mascarade est la suite de Carnaval, le superbe premier roman de Ray Celestin. En fait, c'est le deuxième opus dans une quadrilogie qui, nous l'espérons, mettra en vedette les nombreux personnages qu'on a appris à connaître et à aimer. 
Une suite qui s'avère brillante! 
Une fois de plus entre le true-crime et la fiction, une fois de plus le jazz et la musique du sud profond résonnent tout au long du livre! Mais attention changement d'endroit! L'action quitte la Nouvelle-Orléans pour s'installer à Chicago.

Ce livre s'ouvre donc en 1922 avec Louis Armstrong quittant la Nouvelle-Orléans pour Chicago. plus tard, en 1928 nous rencontrons Michael Talbot et Ida Davis, qui travaillent maintenant pour l'Agence de détectives Pinkerton. Ils reçoivent une visite de Mme Van Haren, qui appartient à l'une des familles les plus respectées de Chicago. Sa fille, l'héritière Gwendolyn Van Haren, a disparu, ainsi que le fiancé qu'elle allait bientôt épouser, Charles Coulton Junior. Avec un encouragement financier très généreux de la part de Mme Van Haren, le duo se met en route pour découvrir comment la jeune femme s'est évaporée sans laisser de trace lors d'un simple shopping.

Avec cette histoire, d'autres se croisent. Il ya d'une part Dante Sanfelippo, qui a été appelé par Al Capone à enquêter sur un cas d'empoisonnement dans un événement politique organisé par ce dernier ; et d'autre part la mort d'un gangster dans une allée, dont le photographe de la scène du crime Jacob Russo s'associe à Michael et Ida.


L'auteur tisse sans effort les histoires et les personnages, nous livrant par la même occasion un portrait merveilleusement dépeint de Chicago de l'époque de la prohibition. 
C'est une ville de bars clandestins, de fêtes, de jazz, de l'industrie de l'enregistrement, d'industrie tout court, de corruption policière, de films, de drogues, de violence et, par dessus tout, de gangsters!

J'ai aussi beaucoup aimé la façon fluide avec laquelle l'auteur a introduit de nouveaux personnages ; emportant toujours le lecteur avec lui. Bien que je recommanderais naturellement de lire Carnaval en premier, Mascarade pourrait très bien être lu comme un one shot.

Comme son précédent, ce roman fourmille de caméos, pour notre plus grand bonheur. Louis Armstrong, bien évidemment, apparaît de nouveau avec plusieurs autres dont notamment Clara Bow. Cependant, le meilleur caméo dans ce livre, à mon avis, est celui d'Al Capone. Un homme au courant qu'il est attaqué par des ennemis; essayant constamment de garder un pas d'avance, tout en étant conscient de ses défauts et de ce qui les cause.
Sa violence naturelle, et la peur qu'il provoque dans ceux qui lui font face, sont brillamment décrites.

Bref; Un scénario parfait, une intrigue bien ficelée, brillamment recherchée, un récit délicieux et addictif avec une bonne dose d'humour intelligent et une ambiance vivante! 
Ce roman est un triomphe absolu. Hâte de lire la suite!


Extrait:


"L’atmosphère s’était alourdie, entre les hurlements perçants des animaux, l’odeur écœurante du sang et du fumier et les odeurs encore plus violentes de désinfectant et de combustion d’essence. Et au milieu de cette puanteur infernale, des excréments et de ce carnage industriel, Jacob remarqua quelque chose d’étrange : des touristes. Il y avait des groupes que des guides encadraient comme s’ils visitaient un studio hollywoodien."