samedi 12 septembre 2020
dimanche 23 août 2020
Les Meurtres de Molly Southbourne de Tade Thompson : Molly ou molly, c'est la Question!
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| Titre Original : The Murders of Molly Southbourne Date de parution : 18 Avril 2019 Éditeur: Le Bélial Nombre de pages : 113 |
Quatrième de Couverture :
Molly est frappée par la pire des malédictions. Aussi les règles sont-elles simples, et ses parents les lui assènent depuis son plus jeune âge:
"Si tu vois une fille qui te ressemble, cours et bas-toi.
Ne saigne pas.
Si tu saignes, une compresse, le feu, du détergent.
Si tu trouves un trou, va chercher tes parents."
Molly se les récite souvent. Quand elle s'ennuie, elle se surprend à les répéter sans l'avoir voulu... Et si elle ignore d'où lui vient cette terrible affliction, elle n'en connaît en revanche que trop le prix. Celui du sang.
Mon avis :
J'avoue que j'étais d'abord très attirée par la couverture! Après, le contenu a heureusement répondu à toutes mes attentes.
Je ne vais pas vous parler de l'intrigue, le récit est court et on tomberait facilement dans le spoil.
Les Meurtres de Molly Southbourne est principalement racontée du point de vue de Molly à la troisième personne, mais est encadrée au début et à la fin par deux chapitres racontés à la première personne du point de vue d'un personnage sans nom enchaîné dans un sous-sol. Ce que nous ne savons pas, c’est pourquoi, ni à quoi mènera cette ouverture..
Cela conduit Molly à raconter son histoire, une histoire marquée de sang, de meurtres, de meurtres qui ressemblent à des suicides, et de fatalités….
Les Meurtres de Molly Southbourne est une nouvella extrêmement vive, écrite d'une manière très "visuelle".
C'est une histoire de traumatismes, d'absence de choix, d'être un danger pour soi-même.. Mais c'est avant tout une histoire de survie. Ou comment essayer de contrôler quelque chose à la fois intime et inexplicable.
Pendant que je lisais, j'étais à un moment frappée par un doute : cette histoire pourrait être une parabole de la maladie mentale. Le danger pour vous vous ressemble exactement. Cela vient de l'intérieur de vous. Cela peut détruire vos relations. Vous avez du mal à le contrôler. C'est à la fois incompréhensible et inéluctable.
Je ne prétends pas saisir la symbolique exacte, et je n'ai pas trop cherché au-delà du plaisir de la lecture.
Ce récit est poignant, original, convaincant. La novella fait une centaine de pages et se lit très rapidement. Faites-moi confiance, remerciez-moi plus tard.
Mot de la fin :
Un RÉGAL ! Je suis entièrement conquise! Un grand merci aux édition Le Bélial, le livre est un petit bijou.
vendredi 21 août 2020
samedi 8 août 2020
Le problème à Trois Corps de Liu Cixin : Le nouveau classique SF est enfin là!
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| Titre original: San Ti Traduit du chinois par: Gwennaël Gaffric Date de parution: 5/10/2016 Éditeur: Actes Sud Nombre de pages: 496 |
Résumé (sans soiler) :
En pleine Révolution culturelle, le pouvoir chinois construit la base militaire secrète de Côte Rouge, destinée à développer une arme de grand calibre. Ye Wenjie, une jeune astrophysicienne en cours de “rééducation”, intègre l’équipe de recherche. Dans ce lieu isolé où elle croit devoir passer le restant de sa vie, elle est amenée à travailler sur un système de télétransmissions dirigé vers l’espace et découvre peu à peu la véritable mission de Côte Rouge…
Trente-huit ans plus tard, alors qu’une étrange vague de suicides frappe la communauté scientifique internationale, l’éminent chercheur en nanotechnologies Wang Miao est témoin de phénomènes paranormaux qui bouleversent ses convictions d’homme rationnel. Parmi eux, une inexplicable suite de nombres qui défile sur sa rétine, tel un angoissant compte à rebours…
Hugo 2015 du meilleur roman, Le Problème à trois corps est le premier volume d’une trilogie culte d’une ambition folle.
Mon avis:
Ce roman de science-fiction acclamé par la critique mérite certainement ses lauriers.
"Extrêmement imaginatif, vraiment intéressant ..." a ainsi proclamé Barack Obama à propos de cette trilogie. Après avoir lu ce livre, je suis déjà entièrement d'accord. Le problème à trois corps est un roman contemporain de Hard SF unique et original, tout en restant entièrement plausible. Alliant science du monde réel, histoire, philosophie, religion, écologie et idées fantastiques, ce roman livre un récit magnifiquement écrit (et traduit) qui engage l'esprit, le cœur et l'âme.
L'histoire commence dans le contexte de la folie de masse qui a accompagné la révolution culturelle chinoise, qui a fourni un fond réaliste pour l'intrigue centrale. Le récit combine à la fois des événements du temps présent et des flashbacks pour fournir l'histoire d'un personnage majeur qui a souffert pendant cette période d'effusion de sang.
La développement des personnages est relégué au second plan au profit de l'intrigue, mais j'ai tellement apprécié le déroulement de l'histoire et le côté scientifique que cela ne m'a pas du tout dérangée.
Si la présence en premier plan de nombreuses théories physiques (allant de la physique quantique à l'astrophysique au problème à trois corps en lui-même) a gêné plus qu'un, ça a plutôt enchanté la passionnée que je suis. Je sentais presque "physiquement" mes méninges se réveiller, creuser dans ma mémoire et mes anciennes connaissances, et si j'ai tiqué sur "la physique n'existe pas", l'auteur a su me prendre dans son jeu et me convaincre de continuer. Et, mon Dieu! Que le jeu en valait la chandelle!
Il est également assez effrayant de voir à quel point je m'identifie à l'idéologie présentée dans ce roman stimulant. L'humanité mérite-t-elle le salut avec toute la destruction qu'elle a représentée et qu'elle continuera à perpétrer vis-à-vis de cette merveilleuse planète? Y a-t-il un espoir pour l'Homme? Quand on regarde toutes ces guerres affligeantes, ces conflits rageants partout dans le globe, toute cette haine, ces injustices, ces famines, ces espèces éteintes par notre main, ce réchauffement climatique, peut-on encore croire? et en quoi croire?
Ce roman est l'un des plus révélateurs qu'il m'ait été donné de lire! Les passages décrivant planète Terre comme un paradis, un printemps éternel, le privilège d'avoir des cycles solaires réguliers propices à la vie, toutes ces petites choses sur laquelle on s'attarde pas, et qui sont si précieuses!
Au-delà du plaisir que j'ai pris en la lisant, cette histoire m'a chamboulée sur plus d'un plan: Mon cynisme, mon passé communistes, mes tendances pacifistes et humanitaires, mon anxiété quotidienne, mes inquiétudes mondaines...tout est à analyser, et à nuancer!
Comme la plupart des bons livres, le pouvoir de ce roman réside dans son récit immersif ainsi que dans la connaissance (et peut-être la compréhension) qu'il apporte à son lecteur. Ce nouveau classique de la science-fiction introduit les lecteurs à un tout nouveau monde, mais pour les lecteurs occidentaux et africains, ce tout nouveau monde peut être la Chine elle-même.
Oui, c’est de la science-fiction, mais lire le roman donne aussi l’impression d’avoir un aperçu d’un pays qui nous est mystérieux et, souvent, incompris. Je ne peux que saluer la brillante traduction de Gwennaël Gaffric. Je savais que je lisais un roman en français, mais l'origine du roman était présente, son authenticité intègre, jusqu'aux petits détails du chinois originel.
J'ai choisi d'écrire une critique plutôt courte simplement parce qu'une partie de mon plaisir provenait de savoir le moins possible de l'intrigue, je vous conseillerais même de ne pas lire beaucoup de retours et juste de vous plonger. Il était opportun que j'ai été une fervente passionnée de la physique fondamentale, car cela a aidé ma compréhension du côté scientifique assez développé. Il n'est toutefois pas nécessaire de vraiment connaître ou de comprendre pleinement les détails techniques pour apprécier l'histoire.
Cependant, si vous êtes un fan de science, qui aimera voir l'application de ces théories fondamentales dans une histoire captivante, rendez-vous service et lisez ce livre le plus tôt possible!
Mot de la fin:
Le meilleur roman Science-fiction que j'ai lu ces dernières années depuis Dune de Franck Herbert! Je n'en dis pas plus!
vendredi 19 juin 2020
Une Cosmologie de Monstres de Shaun Hamill : L'horreur autrement!
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Titre original : A Cosmology of Monster
Date de parution : 02/10/2019
Editeur : Albin Michel Imaginaire
Nombre de pages : 416
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« Dans Une Cosmologie de monstres, Shaun Hamill allie brillamment les univers angoissants de H.P. Lovecraft avec l’histoire contemporaine d’une famille menacée de destruction par des forces surnaturelles. Il réussit son coup, parce que ces braves gens pourraient être nos voisins. L’horreur ne fonctionne que lorsque nous nous attachons aux personnes concernées ; nous nous attachons aux Turner, et leurs cauchemars deviennent les nôtres. La prose de Hamill est sobre, tout simplement belle. Voilà à quoi ressemblerait un roman d’horreur signé John Irving.
J’ai adoré ce livre, et je pense qu’il vous plaira aussi. » Stephen King
La Famille Turner, de Vandergriff (Texas), se tient sur le seuil d'un monde terrifiant dominé par une cosmologie de monstres. Est-ce le leur ou est-ce le nôtre ?
Mon avis :
Je me suis mis à collectionner les lettres de suicide de ma sœur Eunice à l’âge de sept ans. »
Et ça, mes amis, c'est une pu***n de première phrase! On est déjà intrigué, on se pose des questions, c'est gagné! Bravo l'auteur!
Noah Turner voit des monstres. Son père les a vus, et leur a construit un sanctuaire avec la Tombe puis Promenade au coeur des Ténébres, une expérience d'horreur immersive que toute la famille exploite. Le reste de la famille Turner a aussi des expériences avec les monstres, mais Noah choisit de les laisser entrer ...
Êtes-vous un fan de Stranger Things? De Lovecraft? de l'horreur littéraire? Si vous avez répondu oui à au moins une de ces questions, vous devez courir chercher ce roman.
Un vrai hommage à Lovecraft, l'ambiance, l'attente, et chaque partie a le titre d'un de ses livres les plus connus! Cependant, vous n'avez pas besoin d'avoir lu un Lovecraft pour apprécier celui-ci! L'auteur se distingue clairement de son idole par la finesse de sa plume, et par le travail fait sur les personnages.
On n'a pas toujours besoin de s'attacher aux personnages pour qu'un roman d'horreur soit réussi, mais quand vous vous en souciez vraiment, les enjeux sont augmentés. La famille Taylor était à la fois ordinaire et bizarre, intéressante, attendrissante, et elle me manque toujours. Eunice, en particulier, s'est démarqué. J'ai trouvé son histoire déchirante. Et là, on passe de l'influence de Lovecraft à l'influence de King. Cette impression de connaître cette famille, qu'on suit à travers le vécu de Noah, le vécu qui commence dans le ventre de sa mère, non, même avant! Un procédé narratif très original qui a rendu l'expérience de lecture plus immersive. Encore un point!
Je mettrais ce livre dans la catégorie très soft en termes d'horreur, il n'est pas créé pour vous terrifier. C'est plus un drame familial jalonné de monstres.. une histoire d'amour aussi, quoi que...
Le King avait raison, Shaun Hamill est un écrivain d'enfer, et j'ai hâte de lire son prochain!
Mot de la fin :
Un coup de génie surtout pour un premier roman! Un roman qui vous donnera plus d'émotions que de cauchemars. Le sort de cette famille vous hantera longtemps! à recommander aussi bien aux fans du genre qu'aux néophytes!
jeudi 6 février 2020
mardi 19 février 2019
Little Heaven de Nick Cutter - Serial Reader
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| Titre: Little Heaven Auteur: Nick Cutter Denoël Sueurs Froides Date de parution: 01/10/2018 Nombre de pages: 592 |
Le passé est un molosse qui vous poursuit à travers champs et collines, tenaillé par une faim dévorante, vous pistant jusqu’à ce que, une nuit, vous l’entendiez gratter à la porte. Le mal ne meurt jamais ; il sommeille. Parlez-en à Minerva, à Micah et à Ebenezer, chasseurs de primes, mercenaires dans l’âme mais aux dons inégaux. La première fois qu’ils font équipe, en 1966, c’est pour retrouver un enfant qui a été enlevé par une secte obscure œuvrant au Nouveau-Mexique, dans un endroit nommé Little Heaven. C’est là que le révérend Amos, qui reçoit ses ordres de Dieu directement, rassemble ses fidèles pour un culte des plus sombres. Quinze ans plus tard, la fille de Micah est enlevée, et le trio devra s’armer pour le débarquement de l’Enfer à Little Heaven. Avec un plaisir manifeste et sa perversité habituelle, Nick Cutter (Troupe 52) démontre dans ce western sanglant et nerveux qu’il a su dompter les codes du roman d’épouvante.
Mon avis:
Ellen Bellhaven a engagé un trio de mercenaires hauts en couleurs pour s'enquérir de son neveu, qui a été emmené par son père pour rejoindre un campement reculé de fanatiques religieux au Nouveau-Mexique appelé Little Heaven. Ellen rejoint les mercenaires, Micah, Minerva et Eb, alors qu'ils s'aventurent dans leur mission. Cependant, à l'approche du règlement, les choses commencent à tourner un peu (beaucoup) au vinaigre. Little Heaven s'avère une colonie malsaine et émaciée, avec des enfants bizarres, un gourou égocentrique et complètement fou et un mal inexorable, absolu, qui rôde autour.
Ce que je dois d'abord dire:
Primo, Nick Cutter est très bon en développement de personnage, presque roi, pourrait-on dire.
Ensuite, il est très habile à présenter l'horreur et le gore sans que cela devienne gratuit.
Combinez ces deux compétences et vous obtenez un livre d'horreur incroyablement bon dans lequel les personnages sont d'une force inouïe. Le parfait page-turner. Si vous n'êtes pas un fan d'horreur ou si vous êtes particulièrement peureux, alors désolée, Little Heaven pourrait ne pas être le livre pour vous. Mais si vous êtes comme moi... jetez-vous dessus!
Comme beaucoup de lecteurs, j'ai trouvé un petit air du Ça dans ce roman, je l'entends dans le bon sens, juste une petite nostalgie, sans lien direct et sans sensation de déjà-vu.
Bien sûr, il y a des forces surnaturelles au travail et un repaire dans lequel réside le monstre, mais je n'avais pas l'impression que les similitudes étaient accablantes. Nick Cutter est évidemment influencé par King, mais quel auteur d'horreur ne l'est pas?
J'ai senti que l'auteur était aussi influencé par Lovecraft (pour mon plus grand plaisir) - un autre maître de l’horreur - par la forme des monstres qu’il a créés. Les illustrations tout au long de ce livre étaient un moyen très agréable de visualiser à quel point ces créatures étaient déstructurées (et immondes). Effrayantes même!! Il y a aussi pas mal de trucs qui rampent, les pires! Préparez-vous à sentir vos poils se hérisser pendant votre lecture!
J'ai beaucoup aimé TOUS les personnages principaux de ce livre. Le sens de l'humour de Eb, l'attitude de Minerva et l'humanité de Micah, avec une légère préférence pour Eb, j'ai un faible pour les anglais de couleur tueurs à gage sans scrupules (et pourtant) :D
Je me sentais en complète empathie avec les trois protagonistes, même s'ils étaient des chasseurs de primes et des meurtriers.
Little Heaven est dirigé par l'un des personnages les plus vils - Amos Flesher - qu'on peux imaginer! Penser à lui me tourne le ventre, c'est dire à quel point il était excellent!
Le culte religieux au milieu de nulle part, une ambiance glauque à la Jonestown (l'auteur avoue s'en être inspiré), et le mal qui guette sans relâche... Génial, je vous dis!
La combinaison de l'aspect culte religieux avec les forces surnaturelles à l'œuvre a créé un récit convaincant et complètement envoûtant.
Une petite remarque pour l'excellent boulot du traducteur Eric Fontaine, je m'arrête rarement sur les détails éditoriaux surtout dans le genre thriller / horreur où généralement c'est la qualité de l'intrigue qui prend le dessus..mais je dois souligner que la traduction est sublime! Ce roman est beau..et j'ai même osé penser que la version originale ne peut pas être mieux! Chapeau Denoël!
Mot de la fin:
Je pourrais continuer encore et encore à dire pourquoi j'ai apprécié ce livre, mais je veux limiter ce que je révèle aux lecteurs potentiels. Je conclurais en disant que Nick Cutter m'a vraiment impressionnée! Go get it people!!
Extraits:
"Ebenezer n'arrivait pas à mettre le doigt sur ce qui le dérangeait le plus à Little Heaven, à part cette évidence toute simple : c'était une triste enclave dirigée par un fou de Jésus bas du cul qui arborait une coiffure d'Elvis au rabais. Son malaise tenait plus aux petits détails, à la manière dont la lumière du soleil semblait plus mesquine au-dessus du camp, dépourvue de sa chaleur et de sa vitalité, ou à la démarche des habitants, tous voûtés comme des arbres qui luttent pour leur survie dans une plaine montagneuse balayée par le vent."
"Minerva songea qu'il était grand temps qu'elle se pende de nouveau.
Elle ne se souvenait ni du lieu ni du moment de sa dernière tentative ; elles finissaient par se ressembler au bout d'un moment. Du reste, pourquoi pas ? Elle n'avait rien d'autre de prévu cet après-midi-là.
Une autre ville, une autre chambre de motel miteuse.
[...]
Minerva avait tendance à broyer du noir avant une tentative de suicide. Il était difficile de voir la vie en rose."
Minerva avait tendance à broyer du noir avant une tentative de suicide. Il était difficile de voir la vie en rose."
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